Les drogues comment ne pas s’y reconnaitre

Immergeons-nous dans le monde des drogues

Allons dans les bars de nuit et les clubs, les soirées privées, les teknivals, les raves, les free party , traînons dans les sqatts et dans la rue .

Quelles sont les drogues qui circulent  qu’en attendent les utilisateurs, qu’est- qu’un trait, un rail, une goutte, un caillou, un parachute, c’est quoi la pasta, que signifie baser, vaporiser qu’appelle -t-on un Calvin Klein, un  Speed-Ball , et le fameux «  Banana Split »? Qui est C, qui est K, qui est G. Qui est Rambo, le Roi lion, Mére Courage, le Pire. Un Shtroumpf c’est quoi. Qu’est-ce que le Rachacha, la Rabla, l’Ice, le Pikatchu, le DOB, le Yabba, le PMA, le Kawa, l’Ayahuesca, le 2C-B, le 4-TMA, le STP(Sérénity tranquility Peace), le MDEA, le MDE, le MXE,  l’Algéria Nervosa.

 

Peut-on se procurer certaines drogues en toute légalité. Que penser des Tryptamines chinoises achetées sur Internet? Le benzyl pipérazine est-il classé dans les stupéfiants cette année? Peut-on acheter de la kétamine en bidon en Inde, est-il vrai qu’elle est conditionnée ainsi pour traiter les éléphants? (Je n’en ai pas vu récemment). Pourquoi la kéta et le speed sont-ils bien vu dans les  espaces Hardcore et Breakbeat et pas dans la Jungle ou la Transe? Est-ce  débile de consommer de la C dans un after, dingue de pogoter dans une soirée techno. Est-ce que je  risque  de passer pour un plouc avec mon rachacha? Est-ce que je peux choquer en prenant  du speed dans une soirée Transe, en proposant des Mitshubishi, des Triskel jaunes ou des Smiley oranges  à des amateurs de MDMA.  L’lboga guérit-il la dépendance a l’héroïne? Faut-il craindre les Métamphétamines qui arrivent d’Amérique, sont-elles déjà là, sont-elles si terrible qu’on le dit ? Pépé et mémé faut pas s’y fier, c’est de la bombe, et le crocodile de Russie qui vous emporte des morceaux de bras ?

 

Y a-t-il des drogués de droite, plutôt club, soirées privées, whiskies, champagne et cocaïne et des drogués de gauche, plutôt festivals, free party, biére et kéta? Y à-t-il des drogués alternatifs, contre culturels, des drogués verts amateurs de produits naturels et artisanaux, et d’autres qui prennent du synthétique et de l’industriel? Est-il vrai que dans les tecknivals on  vend  des drogues à la criée , faut-il faire la queue devant les camions, ou peut-on prendre un ticket comme à la sécurité sociale ou à la poste, les prix sont-ils affichés. C’est vrai qu’on embauche des revendeurs a la journée, des dealers ubérisés ou qu’on peut tout faire sur internet, ni vu ni connu ?

 

Comment connaître la composition réelle des produits, y a-t-il des trucs ou faut-il tout goûter ?

 

Plus on en prend plus on s’y connaît ou bien est-ce le contraire? Y a-t-il des connaisseurs, peut-on leur faire confiance.

Est-ce grave si je ne me drogue pas ?

 

 Stop ! Vous n’y arriverez pas comme ça.

Dans « Le grand huit » Thierry Vimal dit ce qu'il en pense.

« Lui et Gwendoline étaient des poly toxicomanes d’un autre genre. Trop intérioriste (Je dis ça mais je n’aime pas théoriser sur l’effet des drogues, pas d’idées sur la méthode authentique à utiliser. En fait, plus j’avance avec ça, moins je comprends, ou plus je comprends qu’il n’y a rien à comprendre, ou qu’il faut surtout ne rien comprendre.) Ainsi Philémon semblait moins perturbé que moi. Il avait trouvé, lui, et c’est ça qui m’énervait. Parce qu’il n’y a rien à trouver. J’ai l’impression d’être toujours plus efficace, plus honnête et plus intelligent à jeun. Mes prises de produit sont en quelque sorte les tickets d’un manège réel, violent et dangereux. Siegfried qui a tout connu il y a longtemps, dit de sa voix rongée de poète décharné:

-T’attaches ta ceinture et t’es parti pour le tour. Tu te cramponnes. Ceux qui ont commencé à réfléchir ne sont pas revenus entiers.

A la fin du tour on pleure de rire ou on vomit.

Mais on ne descend pas du grand huit en marche. On ne s’y installe pas non plus pour l’éternité. »

Plus loin il fait une autre constatation.

« « Les anciens »  me confirment que les ecstas de la grande époque, c’était autre chose, mais ils ont suivi le même trajet que moi. Les produits ont baissé en qualité, nous aussi ».

VERY BAD TRIP

Nicolas

a eu la syphilis a 18 ans une hépatite B à 20 et le SIDA  a 22. Aujourd’hui il vit en couple et a 2 enfants. Il a eu de la chance, sa syphilis a été traitée, son hépatite B a guérie toute seule et il a pu bénéficier à temps d’antis rétroviraux efficaces. C’était il y a longtemps. Nico  consommait des stupéfiants, se disait bi voire, avec humour, tri sexuel. Assurément  un jeune homme porté sur l’excès. A l’époque des « Nuits fauves » et avant internet il n’y avait pas d’information ni de prévention et encore moins de traitement contre le VIH. Aujourd’hui la mobilisation  des soignants et des usagers rendent  le renouvellement d’une telle histoire peu probable.

Une  large sous-estimation des conséquences de la pratique du Chemsex

Pourtant   encore aujourd’hui  Il y a une  large sous-estimation  de certaines conséquences de la pratique du Chemsex,  notamment des répercussions psychiques. L’utilisation de drogue cumulée avec le manque de sommeil et la multiplication de partenaires sexuels peut faire un cocktail détonnant.  Si certains tiennent  bien le choc au moins dans un premier temps, d’autres plus fragiles nous sont amenés en consultation anxieux, mutiques ou agités,  ne comprenant pas ce qu’il leur arrive.  En état de choc. Perchés. Pour eux une prise en charge strictement sanitaire est insuffisante et une prise en charge psychiatrique prématurée, ils ont juste besoin de sommeil, de quelques jours au calme, dans un environnement rassurant pour atterrir. On ne peut pas préjuger de la suite.

Le traumatisme psychique

est autant d’ordre symbolique que physique ou chimique, mais si les maladies se soignent et les drogues se pissent, réparer les dégâts symboliques est un peu plus compliqué.

Dans le chemsex,  

plusieurs barrières symboliques structurantes pour le psychisme  sont abolies, celles qui séparent le public du privé de l’intime.  Ces barrières, dont chacun est libre de s’affranchir pour lui-même,  sont si nécessaire qu’en ce qui concerne autrui, quel que soit le pays ou l’époque, des lois les protègent.

Si faire du sexe à fond la caisse avec des inconnus est pour certains une activité émancipatrice d’autres, qui n’ont pas cette désinvolture,  peuvent être déstabilisés. Quand on s’affranchit de certains  repères on risque d’être  paumé. Un peu ce n’est pas désagréable beaucoup c’est moins drôle.